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Canceroscope

Le secteur privé reste positionné comme premier acteur de la radiothérapie

En huit ans, les prises en charge en cancérologie ont évolué. Hospimedia s'est appuyé sur la statistique annuelle des établissements de santé pour décrire les mutations du secteur en 2014, 2019 et 2022. Ce quatrième volet se concentre sur la radiothérapie : évolution du paysage, augmentation de la file active, poids du privé…Avant un focus sur les territoires ultramarins, le dernier volet hexagonal de notre panorama se focalise sur la radiothérapie et la curiethérapie. Ces deux modalités de soins sont en effet liées dans la statistique annuelle des établissements. Par rapport à la chimiothérapie ou aux unités spécialisées de médecine, l'offre de soins est plus concentrée, avec un peu plus de 250 sites déclarant une activité.

S'il est plus resserré, le paysage des établissements autorisés s'est réorganisé sur la période 2014-2022, signe d'une recomposition dynamique. Par exemple, à Moulins (Allier), un groupement de coopération sanitaire (GCS) est constitué et reprend l'activité de l'hôpital de Moulins-Yzeure dans le cadre d'un rapprochement avec le centre d'oncologie Saint-Jean de Saint-Doulchard (Cher). À Strasbourg (Collectivité européenne d'Alsace), le paysage évolue également après 2014 et la constitution de l'Institut de cancérologie Strasbourg-Europe, un GCS associant le centre de lutte contre le cancer et le CHU. À Marseille (Bouches-du-Rhône), l'offre se diversifie après 2019 avec une activité déclarée par le centre Beauregard. Enfin, dans d'autres cas, les changements de numéro Finess traduisent des évolutions de l'établissement, comme dans la métropole de Lyon (Rhône). L'Hôpital privé Jean-Mermoz créé après 2014 un centre de radiothérapie spécifique sur son site historique, ainsi qu'un second sur un autre site.

Le privé compose environ la moitié de l'offre

Le paysage issu de ces évolutions se caractérise par une répartition des activités dans les principaux sites urbains. L'ensemble des CHU et des centres de lutte contre le cancer déclarent une activité en 2022. 36 hôpitaux publics et 12 structures associatives sont aussi recensés. Le privé commercial reste le premier acteur avec pas moins de 97 sites en activité en 2022. Cette structure se retrouve dans la répartition des 535 appareils ou lits accélérateurs de radiothérapie :
  • 230 pour les établissements privés lucratifs (43% de l'offre) ;
  • 122 pour les CLCC (22,8%) ;
  • 77 pour les CHR/CHU (14,4%) ;
  • 75 pour les hôpitaux (14%) ;
  • 31 pour le privé non lucratif (5,8%).


Poussée de l'ambulatoire en radiothérapie

Ce premier rôle du privé se retrouve également dans l'activité globale. Par exemple, pour les séances en ambulatoire, ce secteur est le premier en volume annuel. Surtout, il affiche une dynamique avec une hausse de 28% du nombre de séances entre 2014 et 2022, contre 14% dans les hôpitaux universitaires. Cette hausse est d'autant plus marquée que les cliniques représentent la moitié de l'activité totale des établissements de santé — sans omettre qu'une partie se déploie dans le cadre de groupement de coopération sanitaire associant le public et le privé. En terme de file active, le privé assume le plus de volume, avec environ 45% des patients adultes. Pour l'ensemble des cinq secteurs de répartition, le nombre de patients pris en charge a augmenté entre 2014 et 2022. Chez les mineurs, environ un peu moins de 900 patients bénéficient d'une radiothérapie chaque année. Ce public spécifique est pris en charge en grande majorité par des CLCC.


Et la curiethérapie ?

La statistique annuelle des établissements permet aussi d'identifier les activités de curiethérapie et d'irathérapie. Environ 9 000 séances en ambulatoire sont enregistrées, un chiffre plutôt stable dans le temps. Le nombre de séances en hospitalisation complète augmente de son côté et passe de 9 381 en 2014 à 13 319 en 2022, soit une augmentation de 42%. Le privé représente une plus faible proportion des prises en charge, notamment avec 2 031 séances en ambulatoire et 782 en hospitalisation complète en 2022. Ces techniques sont surtout portées par les CLCC, qui assurent environ la moitié de l'activité, et les CHU, qui ont une activité ambulatoire moins importante dans le volume total. En 2022, ils ont pris en charge 5 363 patients adultes et 147 mineurs contre 5 801 et 704 dans les CLCC.


Perrine Debacker et Jérôme Robillard

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