La mission des journalistes d'HOSPIMEDIA est d'analyser et de vérifier les informations des secteurs sanitaire et médico-social. Notre rédaction vous garantit ainsi des contenus fiables et exclusifs.
En savoir plus sur notre traitement de l'information.
Canceroscope

Les CHU ont une place prépondérante dans l'activité de traitement du cancer en outre-mer

En huit ans, les prises en charge en cancérologie ont évolué. Hospimedia s'est appuyé sur la statistique nationale des établissements de santé pour décrire les mutations du secteur en 2014, 2019 et 2022. Ce cinquième et dernier volet se concentre sur l'outre-mer : place des CHU, administration des chimiothérapies, offre concentrée de radiothérapie…Après avoir analysé l'activité de traitement du cancer en France métropolitaine, Canceroscope se focalise dans ce cinquième et dernier volet sur les cinq départements et régions d'outre-mer (Drom) : Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte, La Réunion. Il reprend les thématiques déjà détaillées dans nos précédentes publications, avec en premier lieu l'évolution globale des prises en charge. Dans ces Drom, le nombre de séjours augmente légèrement plus qu'en métropole, passant de plus de 75 000 séjours en 2014 à plus de 106 000 en 2019, soit 40% de hausse. Dans le détail, l'activité de traitement du cancer a doublé à la Réunion et a augmenté de deux tiers en Martinique, sur la période 2014-2022. En Guadeloupe, le nombre de séjours a augmenté de 40% entre 2014 et 2019 mais a régressé de 5% jusqu'en 2022. Seule l'activité à Mayotte stagne autour de 1 600 séjours en cancérologie depuis huit ans.


La tendance est inversée pour le nombre de journées, qui baisse presque de moitié entre 2014 et 2022 en passant de 127 600 à près de 66 000 journées. Une tendance similaire à celle constatée en métropole liée à un raccourcissement des durées de séjour (lire le premier volet). La Guadeloupe montre la plus forte évolution avec une baisse de près de trois quarts du nombre de journées tandis que la Martinique a vu ce nombre baisser de plus de moitié. L'hospitalisation à domicile est quant à elle peu développée en outre-mer. En Guadeloupe, le CHU et la Clinique centre médico-social comptabilisaient à eux deux 13 séjours et 21 journées en 2019 et 4 séjours et 266 journées en 2022. L'établissement privé HAD Guyane comptait quant à elle 6 séjours pour 155 journées en 2022.

Une concentration de l'activité dans les CHU

En outre-mer, les CHU — quand ils existent — concentrent l'activité de cancérologie. Le CHU de Guadeloupe réalise ainsi la moitié des séjours de l'île, devant le groupement guadeloupéen de coopération en oncologie. Celui-ci ayant pour siège la clinique privée Les Eaux-claires assurait 15% des prises en charge en 2019. L'activité du CH de la Basse-Terre a quant à lui doublé en huit ans. Le nombre d'établissements autorisés en traitement du cancer est plus restreint en Martinique, avec le CHU réparti sur quatre sites et deux cliniques privées. C'est le CHU qui réalise presque la totalité des prises en charge avec une activité en hausse de 35% entre 2014 et 2022, le nombre de séjours étant passé de 22 700 à 30 900.


Le CHU réalise près de 70% des séjours sur l'île de La Réunion. Au nord, c'est la clinique Sainte-Clotilde qui prend en charge la majorité des patients, avec un nombre de séjours qui a augmenté de 71% en huit ans, tandis que le CH Ouest-Réunion a doublé son activité mais n'a réalisé que 209 séjours en 2022. Du côté de Mayotte, l'activité a très peu progressé (3%) et n'est assurée que par le centre hospitalier. En Guyane, le CH de Cayenne prend en charge les trois quarts de l'activité complétée par le CH de l'Ouest guyanais Franck-Joly.


L'activité de chimiothérapie a triplé en Guadeloupe

L'activité des établissements d'outre-mer en chimiothérapie a elle aussi fortement progressé. Au total, la hausse s'élève à 78% entre 2014 et 2022, avec un nombre de patients adultes pris en charge qui a presque doublé sur la période. Le nombre de séances a quant à lui augmenté de 80%. À La Réunion, l'activité du CHU comme des établissements privés connaît une forte croissance : elle a été multipliée par deux en huit ans à la Clinique Sainte-Clotilde. En Guyane, le CH Franck-Joly ne réalisait pas de chimiothérapies en 2014. De 89 séjours en 2019, il est passé à 591 en 2022. De son côté le CH de Cayenne a réalisé 2 252 chimiothérapies en 2022, soit 17% de plus qu'en 2014. L'HAD Guyane à Cayenne a réalisé 6 séjours de chimiothérapie à domicile en 2022.


Les patients martiniquais ont bénéficié de l'ouverture en 2016 de l'hôpital Pierre-Zobda-Quitman. Celui-ci administrait en 2022 plus de 4 500 chimiothérapies tandis que l'activité sur le site principal du CHU a plus que doublé depuis 2014. En Guadeloupe, le nombre de séjours de chimiothérapie a presque triplé en huit ans – passant de 3 000 à 6 440 – et a finalement dépassé celui de la Clinique des Eaux-claires. Le CHU de Guadeloupe et le centre gérontologique du Raizet étaient les seuls établissements d'outre-mer à réaliser des chimiothérapies à domicile en 2014 mais ils n'en font plus depuis. La Clinique centre médico-social en a quant à elle réalisé 4 en 2022. Comme pour l'activité globale, celle de chimiothérapie reste stable sur la période au CH de Mayotte.


Ouverture d'une unité spécialisée à Mayotte

À noter qu'aucune activité de chirurgie dans une unité dédiée n'est déclarée dans la statistique annuelle des établissements de santé (SAE) pour les départements et régions d'outre-mer. La prise en charge en médecine dans des unités spécialisées se déploie pour sa part dans ces territoires, malgré l'absence de centre de lutte contre le cancer. La Guyane fait exception puisque aucune activité spécifique n'est identifiée dans la SAE. Pour Mayotte, aucune unité de médecine n'est indiquée, sauf à compter de 2022 avec 10 places en hospitalisation à temps partiel. L'offre capacitaire de la Guadeloupe, de la Martinique et de La Réunion se répartit entre les principaux acteurs publics et privés de santé.

Le nombre de lits d'hospitalisation complète se contracte légèrement, et passe de 99 en 2014 à 84 en 2022, tandis que l'offre ambulatoire se densifie, pour atteindre 125 places (sans compter Mayotte) contre 76 en 2014. L'évolution de l'activité de ces unités de médecine confirme ces évolutions, puisque le nombre de séjours en hospitalisation complète passe de 4 596 à 3 652 (-20,5%). Le nombre de séances a quasiment doublé, puisqu'il était de 27 987 en 2014 pour atteindre 55 120 en 2022 — dont 2 434 séances à Mayotte.




Concernant la radiothérapie, l'offre est encore plus concentrée. La Guyane et Mayotte ne disposent pas d'un plateau technique de ce type. Pour les collectivités de Guadeloupe et de Martinique, seuls les CHU déclarent une activité, avec respectivement 8 830 et 16 205 séances en ambulatoire recensées en 2022. Enfin, pour La Réunion, une répartition Nord-Sud est perceptible, avec une répartition de l'activité entre la Clinique Sainte-Clotilde, à Saint-Denis, et le site Saint-Pierre du CHU.


Perrine Debacker et Jérôme Robillard

Renseignez votre e-mail pour profiter d'un accès gratuit pendant 7 jours :

Chargement...

À la une

À la une

Offre médico-sociale — L'habitat intermédiaire n'a plus à faire ses preuves mais doit encore affiner ses modèles

Lire l'article

Dialogue social — Les motifs des assignations du secteur privé pour appliquer l'avenant 33 sont dévoilés

Lire l'article

Développement durable — L'index dispositif médical durable est créé

Lire l'article

HOSPIMEDIA,
l'information indispensable aux décideurs de la santé

  • Une édition envoyée chaque matin par email avec l'essentiel de l'actualité
  • La couverture complète du sanitaire et du médico-social sur toute la France
  • L'indépendance journalistique, garantie sans publicité